Résumé : La reprise dynamique du droit est la pièce maîtresse des innovations institutionnelles des Bilatérales III. La Suisse reprend à l'avenir, en principe, les développements pertinents du droit de l'UE dans les domaines contractuels. Un opt-out est possible, mais peut entraîner des mesures compensatoires de l'UE. Ce mécanisme remplace l'ancien modèle statique dans lequel les accords étaient « gelés » à l'état du droit au moment de la signature.
Les Bilatérales I et II (à l'exception de l'association à Schengen) sont des traités statiques : ils reflètent l'état du droit de l'UE au moment de la signature. Lorsque l'UE fait évoluer sa législation, un décalage croissant se crée entre le droit de l'UE en vigueur et le contenu des accords. Les mises à jour n'étaient possibles que par les comités mixtes et nécessitaient l'accord des deux parties [1][5].
Avec les Bilatérales III, la Suisse reprend en principe les développements du droit de l'UE dans les domaines contractuels (« dynamiquement »). Ce mécanisme est intégré dans chacun des accords sectoriels mis à jour et nouveaux (-> L'approche globale) [5].
Important : La reprise ne se fait pas automatiquement. La Suisse doit examiner chaque acte juridique pertinent de l'UE dans une procédure propre et le transposer en droit national. La reprise nécessite une décision formelle des autorités suisses [1][5].
Lorsque l'UE adopte un nouvel acte juridique concernant un domaine contractuel des Bilatérales III, la Suisse en est informée (notification) [5].
La Suisse examine l'acte juridique de l'UE et décide si elle le reprend. Les procédures législatives suisses ordinaires s'appliquent -- y compris les droits de participation du Parlement et des cantons [1][5].
Délais : La Suisse dispose d'un délai raisonnable pour la reprise. Les délais exacts varient selon la complexité de l'acte juridique et la nécessité de délibérations parlementaires.
En contrepartie de l'obligation de reprise, la Suisse obtient un droit de participation à l'élaboration de nouveaux actes juridiques de l'UE concernant les domaines contractuels. Des experts suisses peuvent participer aux groupes de travail pertinents de l'UE [1][3].
Ce « Decision Shaping » (codétermination sans droit de vote) doit garantir que les préoccupations suisses sont prises en compte dès l'élaboration de nouvelles prescriptions de l'UE.
La Suisse peut refuser la reprise d'un acte juridique de l'UE (opt-out). Dans ce cas, l'UE peut prendre des mesures compensatoires proportionnées [1][5].
Lorsque la Suisse refuse la reprise d'un acte juridique de l'UE, l'UE peut prendre des mesures compensatoires. Celles-ci doivent être proportionnées -- elles ne peuvent porter que sur le domaine contractuel concerné et doivent être en rapport raisonnable avec la non-reprise [5].
Exemple : si la Suisse refuse une nouvelle prescription de l'UE dans le domaine des obstacles techniques au commerce, l'UE pourrait suspendre la reconnaissance mutuelle des évaluations de conformité dans ce domaine spécifique.
La proportionnalité des mesures compensatoires peut être contestée par la Suisse devant le tribunal arbitral [5].
La reprise dynamique du droit touche la souveraineté du Parlement suisse. Deux aspects sont centraux [1][6] :
La reprise dynamique du droit est le point de discorde central des Bilatérales III [16] :
Les partisans argumentent :
Les critiques argumentent :
Une analyse approfondie des avantages et inconvénients figure dans les chapitres Avantages et Inconvénients.
[1] DFAE (2026). Paquet Suisse-UE (Bilatérales III). Département fédéral des affaires étrangères. [Open Access]
[3] GTAI (2026). Accords du paquet Suisse-UE signés. Germany Trade & Invest. [Open Access]
[5] DFAE (2026). Fiche d'information : éléments institutionnels. Département fédéral des affaires étrangères. [Open Access]
[6] DFAE (2025). Expertise du Prof. Hahn : reprise dynamique du droit. Département fédéral des affaires étrangères. [Open Access]
[16] UNSER RECHT (2026). Bilatérales III -- de quoi s'agit-il ? Plateforme d'information. [Open Access]
Dernière mise à jour : mars 2026